Page 8 - 2013 French Annual Repoprt

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Depuis sa fondationmême, l’Institut Périmètre a constitué une surprise – un institut entièrement consacré à la physique théorique fondamentale.
La première fois que j’en ai entendu parler, je me suis mis à rire. Comment une institution naissante, située à Waterloo, en Ontario (où ça?),
pouvait être assez audacieuse pour s’attaquer aux problèmes qui sont à la base même de la science?
Quelques années plus tard, mieux informé de la stratégie et de la culture de l’Institut, j’ai changé d’opinion. De par ma propre expérience
dans des centres plus traditionnels, j’avais constaté comment, de bien des manières, le monde universitaire ralentit – alors que le reste de
la planète accélère. Des découvertes fondamentales, ainsi que la diffusion du haut savoir, sont plus nécessaires que jamais. Mais il faut
des institutions de types nouveaux : j’ai été convaincu que l’Institut Périmètre offrait non seulement au Canada, mais au monde entier, une
occasion sans précédent d’accélérer les progrès dans l’un des domaines les plus difficiles, mais historiquement les plus fructueux.
C’est avec cette conviction que j’ai joint l’Institut Périmètre il y a cinq ans. Depuis lors, nos installations ont doublé et notre corps professoral
a triplé. Nous avons lancé le programme PSI (
Perimeter Scholars International
– Boursiers internationaux de l’Institut Périmètre) et nommé
34 titulaires de chaire de chercheur invité distingué. Nous avons intensifié notre présence auprès des élèves et du grand public, au Canada
et dans le monde. Ce fut une période enthousiasmante, pour une noble cause. Le sentiment d’objectifs communs partagé par le conseil
d’administration, le corps professoral et le personnel de l’Institut Périmètre est, à mon sens, unique parmi les centres de recherche. Nos
brillants postdoctorants et étudiants diplômés sont une source inépuisable d’énergie, de vitalité et de plaisir. Waterloo s’avère un milieu
merveilleusement favorable pour nous. Ensemble, nous avons construit un lieu phénoménal.
L’Institut Périmètre a monté en flèche dans les classements mondiaux : une récente étude nous a situés au deuxième rang mondial en
physique théorique (voir à la page 8). Ce résultat constituera peut-être une grosse surprise pour de nombreux centres établis depuis
longtemps. Mais en fait ce n’est pas surprenant. Le monde de la physique a un besoin urgent de modernisation – revenir aux grandes
questions, attirer de brillants jeunes gens, les mettre au défi et leur permettre d’aller en dehors des sentiers battus. C’est à mon avis le lieu
et le moment idéaux pour le faire.
Cette année, j’ai eu le grand privilège de traverser le Canada pour prononcer les conférences CBC Massey. Ce fut pour moi une occasion
de voir une partie de ce pays étonnant et immense, et de sentir la chaleur de ses merveilleux habitants. J’ai particulièrement aimé rencontrer
beaucoup de jeunes gens enthousiastes dans des départements de physique d’un bout à l’autre du pays. Je partage leur sentiment – nous
sommes à une époque extraordinaire.
Au cours des deux dernières années, nous avons exploré les dimensions les plus intimes et les frontières les plus éloignées de l’univers. Le
plus grand microscope de tous les temps, le grand collisionneur de hadrons (LHC), a permis de voir des distances de l’ordre du milliardième
de la taille d’un atome. Le plus grand télescope jamais construit, le satellite Planck, a révélé le cosmos à une échelle 10 000 milliards de fois
la taille du système solaire.
Jamais auparavant n’avons-nous eu une image aussi complète de notre univers. C’est à la fois un grand triomphe, un énorme défi et une
occasion sans pareille.
Que ce soit à l’échelle subatomique ou cosmique, les mesures révèlent une simplicité étonnante et inattendue de la nature, de l’infiniment
petit à l’infiniment grand : au LHC, le strict minimum – le boson de Higgs, pas de supersymétrie, pas de particule massive interagissant
Message du
directeur de l’Institut
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message
du
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