L’Institut Périmètre nomme huit nouveaux titulaires de chaire de chercheur distingué


L’Institut Périmètre vient de nommer huit autres scientifiques remarquables sur le plan international comme titulaires de chaire de chercheur distingué.

Neil Turok, directeur de l’Institut Périmètre de physique théorique (IP), au Canada, a le plaisir d’annoncer la nomination de huit autres scientifiques remarquables sur le plan international comme titulaires de chaire de chercheur distingué de l’Institut Périmètre.

En annonçant la nouvelle, M. Turok a déclaré : « Nous sommes ravis d’accueillir ces huit scientifiques de premier plan mondial au sein de la communauté de chercheurs de l’IP. La science est un processus avant tout humain, et la clé du succès consiste souvent à réunir les bonnes personnes. Chacun de ces nouveaux titulaires de chaire de chercheur distingué apportera à l’IP un bagage significatif de nouvelles idées et de compétence. Nous ne pouvons pas vous dire exactement ce qu’ils feront, mais connaissant leurs antécédents, nous savons que ce sera quelque chose de très excitant. » [traduction]

Les titulaires de chaire de chercheur distingué viennent à l’IP chaque année pour de longues périodes de recherche. Le programme leur permet de faire partie de la communauté scientifique de l’Institut Périmètre tout en conservant leur poste dans leur établissement d’origine. Les scientifiques dont la nomination est annoncée aujourd’hui se joignent aux 19 titulaires actuels de chaire de chercheur distingué de l’Institut Périmètre.

LES NOUVEUX TITULAIRES DE CHAIRE DE CHERCHEUR DISTINGUÉ

James Bardeen est professeur émérite de physique à l’Université de l’État de Washington à Seattle. Il est l’auteur de contributions importantes à la relativité générale et à la cosmologie. Il a notamment formulé, avec Stephen Hawking et Brandon Carter, les lois de la mécanique des trous noirs. Il a également élaboré une approche invariante de jauge des perturbations cosmologiques et de l’origine de la structure à grande échelle de l’univers actuel à partir de fluctuations quantiques au cours d’une ère primitive d’inflation. Ses recherches récentes mettent l’accent sur l’amélioration des calculs de la production de rayonnement gravitationnel par la fusion de trous noirs et par des étoiles doubles à neutrons, en formulant les équations d’Einstein sur des hypersurfaces à courbure moyenne constante asymptotiquement nulles. Cela permet de faire des calculs numériques avec une limite extérieure à l’infini nul futur, où les formes d’onde peuvent être connues directement sans extrapolation. James Bardeen a obtenu son doctorat à l’Institut de technologie de la Californie (Caltech) sous la direction de Richard Feynman.

Ganapathy Baskaran est professeur émérite à l’Institut de mathématiques de Chennai, en Inde, où il a récemment fondé le Centre de sciences quantiques. Il a apporté d’importantes contributions dans le domaine de la matière quantique fortement corrélée. Les nouveaux phénomènes quantiques émergents dans la matière, y compris des phénomènes biologiques, sont sa passion et son principal domaine de recherche. Il est bien connu pour sa contribution à la théorie de la supraconductivité à haute température et pour la découverte de champs de jauge émergents dans des systèmes d’électrons fortement corrélés. Il a prédit la supraconductivité d’onde P dans Sr2RuO4, un système que l’on croit compatible avec la présence de fermions de Majorana, qubits populaires en informatique quantique topologique. Il a récemment prédit la supraconductivité à la température ambiante du graphène dopé de manière optimale.

De 1976 à 2006, M. Baskaran a apporté une contribution substantielle au Centre international Abdus-Salam de physique théorique (ICTP), situé à Trieste, en Italie, où il a travaillé en étroite collaboration avec des scientifiques du Tiers-Monde et de pays occidentaux et a contribué à la direction de programmes scientifiques. Il a reçu le prix S.S.-Bhatnagar des mains du Premier ministre de l’Inde (1990) et le prix Alfred-Kasler de l’ICTP (1983). Il a été élu membre de l’Académie des sciences de l’Inde (1988), de l’Académie scientifique nationale de l’Inde (1991) et de l’Académie des sciences du Tiers-Monde (2008). Il a également été nommé « Ancien distingué » de l’Institut indien des sciences à Bangalore (2008).

James S. Gates a le titre de professeur John-S.-Toll et dirige le Centre de théorie des cordes et de théorie des particules élémentaires de l’Université du Maryland à College Park. Il est l’auteur de nombreuses contributions aux théories de la supersymétrie, de la supergravité et des supercordes. Il a notamment introduit les géométries complexes avec torsion (une contribution originale dans la littérature des mathématiques) et proposé des modèles de théories des supercordes qui sont tout simplement des constructions à quatre dimensions similaires au modèle standard de la physique des particules.

Le professeur Gates a reçu le prix de l’Association américaine pour l’avancement de la science (AAAS) et le prix Klopsteg de l’Association américaine des professeurs de physique. M. Gates est membre élu de la Société américaine de physique et de l’AAAS, et ancien président de la Société nationale des physiciens noirs. En 2011, il a été élu membre de l’Académie des arts et des sciences des États-Unis. Il est actuellement membre du Conseil consultatif du Président des États-Unis en matière de science et de technologie, du Conseil de l’éducation de l’État du Maryland, ainsi que des conseils d’administration du Fermilab et de la Société pour la science et le public (États-Unis).

Les recherches actuelles du professeur Gates portent sur la relation entre un ensemble de graphiques (appelés Adinkras, comme les symboles de certaines cultures traditionnelles africaines), la supersymétrie et une classe de codes semblables à ceux qui permettent aux navigateurs Internet de fonctionner sans erreur.

Frans Pretorius est professeur de physique à l’Université de Princeton. Son principal domaine de recherche est la relativité générale, en particulier la résolution numérique des équations de champ. Il a notamment étudié l’effondrement gravitationnel, les fusions de trous noirs, les singularités cosmiques, la gravité dans les dimensions supérieures, les modèles d’évaporation des trous noirs, ainsi que l’utilisation d’observations des ondes gravitationnelles pour tester la relativité générale dans le cas d’un régime dynamique dans un champ fort. Il travaille aussi à la conception d’algorithmes permettant de résoudre de manière efficace et en parallèle des équations à l’aide de grappes de grands ordinateurs, et de logiciels de traitement et de visualisation des résultats de simulations. Entre autres distinctions, M. Pretorius a reçu une bourse de recherche Sloan en 2007 ainsi que le prix Aneesur-Rahman 2010 de physique informatique de la Société américaine de physique. Il est également membre du programme Cosmologie et gravité de l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA).

Eva Silverstein est professeure de physique au Département de physique de l’Université Stanford et au Laboratoire national de l’accélérateur SLAC. Elle est l’auteure de contributions importantes dans le domaine de la physique théorique : de nouveaux mécanismes prédictifs de cosmologie expansionniste, qui ont aidé à comprendre de manière plus systématique le processus d’expansion de l’univers et le rôle des grandeurs sensibles aux UV en cosmologie d’observation; des mécanismes de résolution des singularités en théorie des cordes; une nouvelle dualité en théorie des cordes entre dimensions supplémentaires et courbure négative; des extensions de la correspondance AdS/CFT à des théories de champ plus réalistes (avec des applications à la physique des particules et à la construction de modèles de la matière condensée) et à des théories de paysage; des mécanismes simples de stabilisation des dimensions supplémentaires en théorie des cordes. Elle a été récipiendaire d’une bourse MacArthur et d’une bourse de recherche Sloan. Les travaux actuels de Mme Silverstein portent sur plusieurs des domaines mentionnés plus haut.

Paul Steinhardt a le titre de professeur Albert-Einstein de sciences et dirige le Centre de sciences théoriques à l’Université de Princeton. Il est membre élu de la Société américaine de physique (APS) et de l’Académie nationale des sciences des États-Unis. Il a été corécipiendaire de la médaille P.A.M. Dirac du Centre international de physique théorique, pour l’élaboration du modèle expansionniste de l’univers, ainsi que du prix Oliver-E. Buckley de l’APS, pour ses contributions à la théorie des quasi-cristaux. Ses domaines de recherche sont la physique des particules, l’astrophysique, la cosmologie et la physique de la matière condensée. Il a récemment élaboré avec Neil Turok un modèle cosmologique cyclique selon lequel le Big Bang serait le résultat d'une collision de deux « univers branaires » en théorie M (ou théorie des membranes). En plus de poursuivre ses recherches sur la cosmologie expansionniste et cyclique, M. Steinhardt a participé à la mise au point d’une nouvelle classe de matériaux photoniques désordonnés « hyperuniformes » à largeur de bande interdite. Ses recherches systématiques ont mené à la découverte du premier exemple connu de quasi-cristal naturel. Il travaille actuellement à l’organisation d’une expédition dans l’Extrême-Orient russe à la recherche d’autres échantillons et pour étudier la géologie des lieux où l’on en trouve.

Gerard ’t Hooft est professeur à l’Institut de physique théorique de l’Université d’Utrecht. En 1999, il a obtenu le prix Nobel de physique, conjointement avec Martinus J.G. Veltman, « pour avoir élucidé la structure quantique des interactions électrofaibles ». Ses travaux de recherche portent sur les théories de jauge en physique des particules élémentaires, sur la gravité quantique et les trous noirs, de même que sur les aspects fondamentaux de la physique quantique. En plus du prix Nobel, M. ’t Hooft a reçu entre autres distinctions le prix Wolf, la médaille Lorentz, la médaille Franklin, de même que le Prix de physique des hautes énergies de la Société européenne de physique. Il est membre de l’Académie royale des arts et des sciences des Pays-Bas (KNAW) et membre étranger de nombreuses autres académies des sciences, dont l’Académie des sciences de la France, l’Académie nationale des sciences des États-Unis et l’Institut de physique du Royaume-Uni.

Gerard ’t Hooft concentre actuellement ses recherches sur les degrés dynamiques de liberté de la nature aux plus petites échelles possibles. Dans son modèle le plus récent, l’invariance conforme locale est une symétrie spontanément brisée, ce qui pourrait avoir des conséquences très particulières sur les interactions entre particules élémentaires.

Senthil Todadri est professeur agrégé de physique à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT). Son domaine de recherche est la théorie de la matière condensée. Plus précisément, il travaille à l’élaboration d’un cadre théorique pour décrire le comportement de la matière en électronique quantique dans des circonstances où les électrons individuels n’ont pas d’intégrité. Un exemple primordial est la recherche d’une théorie pouvant remplacer la théorie de Landau des liquides de Fermi, qui décrit de nombreux métaux avec beaucoup de succès, mais qui échoue dans un certain nombre de situations étudiées dans des expériences modernes en physique de la matière condensée. M. Todadri a été récipiendaire d’une bourse de recherche Sloan et a reçu un prix d’innovation en recherche de la Société de recherche pour l’avancement de la science (RCSA).

 

 

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